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Comme on le disait dans le temps
« Veiller au corps »
 
veiller au corps

Veiller au corps 

Cette expression très répandue au Canada français vient en partie du temps où les familles des défunts avaient comme coutume de se relayer à leur chevet jour et nuit jusqu'à ce qu'on les porte en terre.

 

Certains diront que les familles voulaient, par respect, accompagner leur défunt pendant leurs dernières heures sur terre.  D'autres diront que de veiller au corps était une façon de garder le diable loin de l'Âme de leurs proches.

 

Quoi qu'il en soit, cette veillée au corps pouvait durer entre deux et quatre jours, dépendant de la température qu'il faisait.  Jusque dans les années 40, les dépouilles n'étaient pas embaumées, alors si la personne décédait l'hiver, on pouvait la veiller pour au moins 4 jours mais si elle décédait pendant l'été, il était impossible de la veiller plus de 2 jours car le corps se décomposait trop rapidement et les odeurs de putréfaction qui s'en dégageaient devenaient insupportables.

Mais cette fameuse expression n'origine pas de cette époque. 

 

Jusque à la fin du 19e siècle, les familles mieux nanties, les restaurants et les auberges possédaient des plats en étain qui, si jumelés à des aliments ou breuvages avec un taux d'acidité élevé, pouvaient provoquer des malaises sérieux et même l'empoisonnement.  C'est une des raisons pour lesquelles les tomates ont été qualifiées de poison pendant plus de 400 ans ...

 

Les coupes pour la bière et le whisky étaient aussi en étain. Donc, si un fêtard buvait un peu trop, on le retrouvait souvent sur le bord de la route victime de malaises assez sérieux.

 

Les bons samaritains qui le trouvaient le croyaient à toute fin pratique mort. Mais avant de l'enterrer, voulant être certains du sort de leur compatriote, on le ramenait à son domicile, l'assoyait à la table de la cuisine pour le veiller au corps.  Les autres buvaient et mangeaient jusqu'à ce que le fêtard se réveille enfin et se lève … ou finalement décède. 


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